La mise à gabarit des principaux sites éclusiers de wallonie 2017-11-22T14:01:35+00:00

Chaînons manquants

La mise à gabarit des principaux sites éclusiers de wallonie

Le volume du transport fluvial est en constante augmentation ces dernières années. En Belgique, ce sont près de 160 millions de tonnes de marchandises qui sont transportées par les voies navigables chaque année. Un trafic qui engendre inévitablement des problèmes de mobilité sur nos voies d’eau et des temps d’attente devenus importants pour les bateliers arrivant aux écluses.

Pour faire face à cette situation, la SOFICO entend moderniser ses installations et homogénéiser la taille (grand gabarit) des principaux complexes éclusiers situés sur la Meuse entre Namur et Liège. Objectif : mettre en service de toutes nouvelles infrastructures de 225 mètres de long sur 25 mètres de large permettant le passage simultané de deux convois de 4.500 tonnes ou de 4 bateaux de 2.000 tonnes, soit l’équivalent de 450 camions de 20 tonnes.

La mise à gabarit des sites éclusiers de Lanaye, d’Ivoz-Ramet et d’Ampsin-Neuville fait partie des chaînons manquants réalisés/à réaliser par la SOFICO.

Les voies hydrauliques en Wallonie

  • La Belgique dispose d’un réseau de voies navigables d’une densité exceptionnelle. En Wallonie, plus de 450 km de voies sont utilisés couramment pour la navigation commerciale.
  • Ces voies représentent un carrefour essentiel du réseau européen en relation directe avec les plus grands pôles portuaires maritimes : Anvers, Gand, Zeebrugge et Rotterdam.
  • En Wallonie, il existe 4 ports autonomes : Liège, Namur, Charleroi Centre et Ouest.
  • Le transport fluvial est la solution de mobilité la plus écologique : il consomme 4 à 6 fois moins d’énergie que le transport routier et émet 4 fois moins de CO2 pour la même quantité de marchandises transportées.
  • Le transport fluvial est également le plus sécurisé, raison pour laquelle 80% des matières dangereuses passent par l’eau.
    500 millions d’euros seront investis sur cette législature 2014-2019 dans le réseau fluvial wallon.

La 4ème écluse de Lanaye

Mis en service en 1934, le complexe éclusier de Lanaye est un carrefour fluvial stratégique de première importance. Situé à cheval sur la Belgique et les Pays-Bas, il constitue un lien essentiel permettant aux bateaux de navigation intérieure d’accéder à la Meuse néerlandaise et aux grands ports de Rotterdam et d’Amsterdam, ainsi qu’à l’ensemble des bassins du Rhin et du Danube vers l’Allemagne.

Chaque année, ce sont près de 11 millions de tonnes de marchandises qui transitent par le site éclusier de Lanaye.

Le site compte trois écluses construites dans les années 60 : deux écluses de 55 x 7,5 mètres et une écluse de 136 x 16 mètres. Les travaux de construction de la 4ème écluse ont démarré en juin 2011 et se sont terminés en juin 2015. Après divers tests de fonctionnement, celle-ci est aujourd’hui pleinement opérationnelle.

Longue de 225 mètres et large de 25 mètres avec une dénivellation de 13,7 mètres, cette nouvelle écluse permet désormais le transport de 500.000 tonnes de marchandises supplémentaires par an. Le tonnage transitant par le site a atteint 11,4 millions de tonnes en 2016.

Outre l’apport économique de ces aménagements, une attention particulière a été accordée à l’intégration de la nouvelle écluse dans un contexte environnemental sensible. Ainsi, dans les aménagements du site ont été créés : une risberme au pied du mur de « Vieille Meuse » (ancien bras de Meuse), une zone de haut-fond dans la « Nouvelle Frayère » pour favoriser la reproduction de certaines espèces, un mur au pied de falaise (Montagne Saint Pierre) pour protéger le développement des orchidées sauvages qui y ont trouvé un microclimat particulier, des cheminements piétons et cyclistes sur l’ensemble du site, et une large zone paysagère avec, notamment, un verger.

Un chaînon manquant du RAVeL a été réalisé le long de la Meuse mitoyenne à travers la gravière de Nivelles. Juste en aval de ce nouveau RAVeL, là où un bac permet de traverser la frontière, le perré bétonné a été remplacé par une berge naturelle, pour garder la même logique esthétique que sur la berge néerlandaise en vis-à-vis.

A côté de la nouvelle écluse, une station de pompage a été construite pour compenser la consommation moyenne des écluses du site en période d’étiage (basses eaux). Une centrale hydro-électrique y a été associée pour produire de l’électricité renouvelable lorsque, a contrario, le débit de la Meuse le permet. L’ensemble (station de pompage et centrale hydroélectrique) a été spécialement étudié (géométrie, positionnement, équipements) pour limiter l’attrait et donc l’impact sur les poissons migrateurs.

La nouvelle écluse et la station de pompage/centrale hydroélectrique ont été mises en service et inaugurées en novembre 2015 en présence de SM le Roi Philippe de Belgique. Cette inauguration a eu lieu en même temps que celle du Trilogiport, la plateforme multimodale (eau-rail-route) d’Hermalle-sous-Argenteau.

2011

Début des travaux de génie civil

2011 – 2012

Début des travaux d’électromécanique

2011 – 2012 – 2013

Mise en service de la nouvelle écluse et de la station de pompage / centrale hydroélectrique

Coût du chantier

Au total, le coût global du chantier s’est élevé à 153.000.000 € dont :

  • 115.000.000 € financés par la SOFICO, maître d’ouvrage du chantier, avec l’aide d’un prêt de la Banque européenne d’investissement(BEI), à concurrence de maximum la moitié de l’investissement.
  • 10.000.000 € financés par les Pays-Bas vu le caractère transfrontalier du projet.
  • 28.000.000 € financés par la Commission européenne dans le cadre du programme RTE-T, le réseau transeuropéen de transport.

La nouvelle écluse d’Ivoz-Ramet

Avec près de 12 millions de tonnes de marchandises par an, le site éclusier d’Ivoz-Ramet est le plus fréquenté de Wallonie. Ce trafic, en constante augmentation, est estimé à 21,8 millions de tonnes à l’horizon 2020. La modernisation des installations s’avérait donc indispensable pour supprimer ce goulet d’étranglement.

Inauguré en septembre 2015, le complexe éclusier d’Ivoz-Ramet s’est vu doté d’une toute nouvelle infrastructure de 225 mètres de long sur 25 mètres de large, d’une capacité de 9.000 tonnes, qui permet en une manœuvre le passage simultané de 2 convois de 4.500 tonnes ou de 4 bateaux de 2.000 tonnes.

Auparavant, le site était composé d’un barrage et de deux écluses qui ne permettaient plus de faire face à la densité croissante du trafic : une écluse de 136 x 16 mètres qui a été rénovée ; et une plus petite de 55,5 x 7,5 mètres qui était hors service et qui a été démolie.

Les travaux, qui ont débuté en mai 2011, ont également porté sur l’aménagement des avant-ports, sur l’installation d’un nouveau poste de commande, d’un pont mobile, d’une vis hydrodynamique visant à compenser la consommation électrique du site et d’une échelle permettant aux anguilles de franchir le barrage.

2016, une année difficile…

En mai 2016, suite à l’affaissement d’une de ses portes, la nouvelle écluse a dû être mise hors service.
Depuis mai 2016, le passage des navires est donc assuré uniquement par l’ancienne écluse de 136 x 16 mètres. Tout est actuellement mis en œuvre pour que la nouvelle écluse soit remise en service pour la fin de l’automne 2017.

2011

Début des travaux de génie civil et d’électromécanique

2015

Mise en service de la nouvelle écluse

Coût du chantier

Au total, le coût global du chantier s’est élevé à 80.000.000 € dont :

  • 67.751.000 € financés par la SOFICO, maître d’ouvrage du chantier, avec l’aide d’un prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI), à concurrence de maximum la moitié de l’investissement ;
  • 12.249.000 € financés par la Commission européenne dans le cadre du programme RTE-T, le réseau transeuropéen de transport.

La nouvelle écluse d’Ampsin-Neuville

Situé sur la Meuse, sur les communes de Huy et d’Amay, le site éclusier d’Ampsin-Neuville est le 3ème plus fréquenté de Wallonie. En 2016, pas moins de 9.188.000 tonnes de marchandises y ont transité.

Une réhabilitation du site, mis en service en 1958, devenait ­indispensable pour pouvoir réduire le temps d’attente des bateliers et permettre le passage de bateaux de plus grands gabarits. Les travaux devraient débuter dans le deuxième semestre de l’année 2018, avec l’objectif de s’achever en 2024.

Une première phase consistera à remplacer l’écluse de 55 x 7,5 mètres par une écluse de 225 x 12,5 mètres. Dans un second temps, la deuxième écluse de 225 x 25 mètres, qui constitue l’objectif final du projet, se substituera à l’écluse existante de 136 x 16 mètres.

Ces travaux permettront également d’enrichir le cadre de vie des usagers, cyclistes, et promeneurs :

  • La rive gauche, en aval du site, sera aménagée pour lui conférer un caractère plus naturel ;
  • Une nouvelle échelle à poissons, véritable rivière artificielle, permettra aux diverses espèces de franchir le barrage et à certaines d’entre elles de disposer de zones de reproduction ;
  • La passerelle, qui relie les communes d’Amay et de Huy, sera remplacée et allongée pour franchir la route nationale. Elle sera munie de rampes d’accès qui rejoindront les pistes cyclables existantes.

Ces travaux seront également l’occasion de sécuriser, en rive droite de la Meuse, la N90 dont le tracé devra être modifié.

2016, une année d’études et de procédures d’attribution de marchés

L’étude socio-économique a été actualisée au début 2016.

L’avis de marché pour les travaux de génie civil a été publié en décembre 2016 et devrait être conclu à la fin 2017 en vue de permettre le début des travaux durant le second semestre 2017.

L’avis de marché pour les équipements électromécaniques des nouvelles écluses a été publié en avril 2017 et devrait commencer au second semestre de cette année. La durée des travaux est de 70 mois

2016

Octroi du permis unique pour la construction et l’exploitation.

2017

Début de chantier espéré dans le courant de la fin de l’année.

Coût du chantier

Le coût global des travaux et des études est estimé à près de 163.000.000 €

Dans le cadre du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T), la Commission européenne a octroyé un subside de 1.508.000 € pour les études (programme de travail pluriannuel pour la période 2007-2013). Un financement sera également sollicité en 2017 auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI).

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